Semaines sociales de France 2007
Avez-vous déjà entendu parler des semaines sociales de France ?
Observatoire de la vie sociale et chambre de réflexion et de proposition, les Semaines Sociales de France sont un lieu de rencontre, animé par des chrétiens engagés, qui se veut ouvert à tous ceux qui, croyants ou incroyants, sont sensibles au dialogue, à la recherche de sens, et à la rénovation du lien social dans notre pays.
Catholiques et enjeux sociaux-economiques
Cette année est un moment spécial pour les catholiques du Loiret : l’Evèque, Monseigneur Fort a décidé de faire ce qu’on appelle une visite pastorale dans l’agglomération orléanaise. Une sorte de bilan. Au cours de cette visite, il fera le tour des paroisses, équipes de prépartion au mariage, baptème… il verra aussi les aumôneries des hôpitaux et bien d’autres gens encore.
Mais dites-moi, et le monde de l’entreprise, le monde du travail ! Qu’est-ce qui se vit sur les lieux de travail ? Dieu est créateur, l’homme participe à cette création, notament par son travail ! A partir de cette problématique on a constitué un groupe de réflexion réunissant entrepreneurs, cadres et ouvriers avec le cahier des charges suivant : "Que peut-on montrer du monde de travail à l’Eglise catholique ? Le monde du travail a-t-il quelque chose à dire à l’Eglise. L’Eglise a-t-elle quelquechose à dire au monde du travail ?". Dans une Eglise qui s’intéresse insuffisament à ce qui se passe en dehors de ses murs, ça ne s’est pas fait tout seul mais on y est arrivé et j’en suis TRES heureux.
Le point d’orgue de ce travail de réflexion est l’organisation d’une soirée qui aura lieu le 15 novembre, Salle Pellicer de La Source, avec la participation de représentants d’activités diverses de l’agglomération d’Orléans :
- entreprises (UDEL, CCI)
- organisations syndicales
- fonction publique
- médecine du travail
Plusieurs mouvements chrétiens en seront également, le MCC (Mouvement Chrétien des Cadres du Loiret- PUB !), les EDC (Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens) , la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne),…
Au cours de la soirée, des analyses mais aussi des témoignages sur le thème : "Vie au travail : quels changements à Orléans, Chances et/ou souffrances".
Les 80 personnes du MCC d’Orléans réfléchiront en équipe au cours du mois d’octobre pour préparer cette soirée autour de la question de la mobilité. Quelle spécificité notre agglomération pourrait-elle avoir du point de vue de la mobilité géographique mais aussi du point de vue des changements de métier à l’intérieur de l’entreprise ?… intéressant non ?
Contact MCC : mccloiret@yahoo.com
Nossa Senhora d’Aparecida
Lorsque j’étais plus petit nous allions tous les ans en vacances au nord du Portugal. Au coeur d’un mois d’août toujours très chaud, nous partions à une fête, un pélerinage, celui de "Nossa senhora d’Aparecida". Je n’ai jamais trop bien compris ce qui s’était passé là : une image de la vièrge serait apparue et on a construit deux église : l’une dans le village et l’autre au sommet d’une coline. Une fois par an, tous les gens du coin (et je vous assure que la campagne était peuplée à l’époque) se rendaient là pour une "procissão", une procession religieuse.
On construisait des chars toujours plus hauts que l’on faisait aller d’une église à l’autre sur une pente à 30°. Les chars étaient portés à l’épaule par 30 ou 40 hommes. Lorsque les chars montaient la pente, on tirait sur des cordes tendues depuis le haut du char pour qu’il reste à peu près à 90° et ne s’écroule pas sur la foule. Ceux qui portaient les chars en avaient fait la promesse en échange d’une faveur de la Vierge Marie. On avait tant de chose à demander à la Vièrge : une guérison, la naissance d’un enfant, la pluie, le soleil, de quoi faire vivre sa famille… Je me rappelle, tout petit garçon, avoir aussi vu défiler des gens dans des cercueils. Seule la Vierge sait pourquoi des gens étaient capables de ce type de mise en scène.
Autour du cortège, la foule était compacte, enthousiaste, croyante : il y avait là une vraie ferveur que tous les raisonnements, toutes les lectures que j’ai eue par la suite n’ont jamais su m’expliquer.
Ce pèlerinage était aussi l’occasion pour toute la campagne de se retrouver pour faire la fête. On y venait acheter quelques futilités, manger, faire des auto-tamponneuses, y trouver, qui sa future femme, qui son futur mari…
Bien des années plus tard, je suis retourné à la fête de Nossa Senhora (dire segnora) d’Aparecida. Les chars étaient toujours là et la foi de la foule aussi. Il y avait moins de monde et je me suis rendu compte que seuls les plus modestes campagnards venaient encore. Au milieu de ces gens, les émigrés étaient aussi au rendez-vous : le Portugal a évolué, les jeunes ont d’autres lieux de rencontre et la foi se vit de manière moins archaïque. Seule une portion de gens, très modestes, sont resté au même point et avec eux, les émigrés qui retrouvent ainsi sans doute un peu leur jeunesse perdue.
Alors bien sur, cette année, il est trop tard, mais si un jour vous allez au Portugal autour du 15 août, passez voir une "procissão".
Vous verrez, aujourd’hui comme hier, on y mange toujours… et oui… du poulet crapaud qui cuit sur d’énormes brasiers. On s’installe à l’ombre d’une tente sur une énorme table avec des gens qu’on ne connait pas. On se bat pour passer commande. Pas d’assiette, pas de couvert et un seul grand verre de vin pour toute la tablée. Le vin ? Du vinho verde, du blanc exclusivement, une piquette qui monte à la tête aussi vite qu’elle n’en repart ! On mange comme probablement on le faisait au moyen age, sans aucune hygiène, à la main mais avec un vrai plaisir d’être ensemble, un dimanche après-midi, loin des problèmes quotidiens…
Motu proprio
Les intégristes catholiques en avaient rêvé, le Pape Benoit XVI l’a fait : pour récupérer dans le giron de l’Eglise catholique romaine ceux qui n’avaient jamais accepté les fruits du concile Vatican II, à savoir l’ouverture au monde et la liberté de conscience, benoit XVI vient d’autoriser le retour du rite de Saint Pie V.
De quoi s’agit-il ? D’une messe dite en latin (y compris pour les baptêmes, mariages,…), d’une belle chose à entendre plus qu’à comprendre, d’une célébration d’un Dieu plus magnifique qu’incarné dans la communauté des fidèles. Alors oui, la question n’est pas celle du latin mais bien celle d’une certaine conception de la foi : est-ce que Dieu est dans nos cœurs ou dans nos vies ? Est-ce que la bible est un beau livre révélé où est-ce que c’est un texte écrit par des hommes croyants et à réinterpréter en permanence par chaque fidèle.
L’Eglise est une grande maison et le Pape voudrait bien y accueillir tout le monde. Le problème, c’est que dans une maison, quand on est d’accord sur rien, on a quand-même du mal à vivre. A Versailles, j’ai participé une fois à une messe de ce type. Outre le fait que je n’ai rien compris et que je ne connaissait aucun chant, j’en suis sorti la peur au ventre. Pourquoi ? Parce que les communautés qui prônent ce type de rite ont aussi, pour certaines, une idéologie de la peur et disons-le, des idées d’extrême droite.
Comme le dit un article de la revue Golias, le pape, lui, n’a que faire des querelles de l’Eglise de France. Il veut le retour de la Paix. Mais la Paix a un prix et il semblerait qu’il soit intégralement payé par les catholiques modérés.
Qu’importe donc que les prêtres ne comprennent plus le latin, que les fidèles ne comprennent rien à ce qui se raconte, pourvu que le spectacle soit beau ! Qu’importe que, lassés des idéologies, les jeunes européens n’aient plus de repères ni d’espérance. Qu’importe qu’en Afrique et en Amérique du Sud, les gens aillent vers le protestantisme qui, lui, s’occupe des pauvres et de leurs préoccupations.
L’Eglise catholique regarde en arrière plutôt qu’en avant. Ce pape, ancien inquisiteur ne m’étonne pas, ne me déçoit pas, je n’en attendais rien.
Merci au copain MCC de m’avoir envoyé cet étonnant texte de Golias (revue trublionne du catholicisme français).
Pour aller plus loin, on peu aussi lire (tant qu’ils sont en ligne) les articles de La Croix :
- http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2308463&rubId=4078
- http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2307923&rubId=1098
Petite explication de la photo : dans le rite de Saint Pie V, au lieu d’être tourné vers les fidèles rassemblés pour l’eucharistie, le prêtre est tourné vers l’autel et fait dos à l’assemblée dans un esprit dont on se doute qu’il est celui de l’ouverture et la fraternité
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