Energies45.biz
Energies45.biz, c’est le nom que la CCI du Loiret a donné à son nouveau portail. C’est aussi la concrétisation d’une année de travail qui visait à responsabiliser les entreprises : "Ce n’est pas la CCI qui fait et les entreprises qui regardent, ce sont les entreprises qui font et la CCI qui les aide à faire". Une manière de faire très "entreprise 2.0" : transversale, motivante pour les acteurs de terrain, propice à l’innovation.
L’inauguration de ce portail a été l’occasion pour la la CCI du Loiret d’inviter Jean-Michel Billaut, pionnier de la télématique en France, globe trotteur du web et "agitateur du high tech" comme il se définit lui-même. Pour Mr Billaut, l’innovation semble venir de l’abstraction de la hiérarchie, de la bonne volonté de quelques-uns, ceux qui ont envie d’investir sur leur temps personnel, ceux aussi qui pensent que l’innovation peut leur permettre de monter dans l’échelle sociale.
Comme on peut le lire sur son blog, Mr Billaut revient d’un voyage en Californie où il a accompagné des entrepreneurs français. A l’entendre, on a un peu l’impression qu’en France, il n’y a pas de salut pour les entrepreneurs du web : la baie de San Francisco ( The Bay Area !!! ) forme un éco-système. Tous les fous du web viennnent du monde entier pour se retrouver dans ce paradis où les gens sont cools, ou il fait beau, ou un échec n’est pas un pêcher originel mais une chance car elle vous a permis d’apprendre et donc d’être meilleur qu’avant. A côté, la France serait un pays coincé, ayant peur de l’avenir, avec une classe dirigeante trop vielle et plus soucieuse d’elle-même que de donner leur chances aux jeunes innovateurs.
Parce que quand-même, la vie ne peut pas être totalement bouchée, Mr Billaut nous a donné quelques pistes pour développer localement l’innovation :
- Créer des ateliers réguliers où les gens pourraient voir par eux-même comment ça marche
- Avoir des gens dont le travail consiste à faire de la veille permanente pour détecter les bonne idées, les tendances,…
- former
- organiser des séances de brainstrorming afin d’imaginer des business model, échanger dessus, les enrichir, …
Enfin, alors que les chefs d’entreprise nous parlaient de réduction des temps de transports et de réseaux routiers, Mr Billaut en bon blogueur "agitateur" nous a parlé de réseaux informatiques haut-débit : pourquoi se déplacer et ne pas travailler à distance ? La société est en plein boulversement (fin des énergies fossiles, problèmes de CO2) Il faut donc réinventer d’autres manières de faire. Il est impératif de mettre en place des réseaux de fibres haut-débit chez les particuliers afin de développer les usages. De ces nouvelles possibilités, naitront de nouvelles applications (visio-conférence et télé perso HD, télé-diagnostique, e-learning, …) Si la France s’engageait dans cette voie, elle prendrait de l’avance sur les autres pays et pourrait ensuite vendre ces applications au reste du monde. A une plus petite échelle, si Orléans s’engageait dans cette voie, nous amènerions à nous les entreprises travaillant dans ce secteur. Comment faire ? Pour Mr Billaut, c’est aux politiques d’être visionnaires et de faire les investissements nécessaires. Afin de l’imposer aux politiques, Mr Billaut nous suggère une manif devant les mairies
"Libérez les débit"… Tiens, ça me rappelle une vielle vidéo, ça…
Au total, je ne suis pas certain que les gens aient tous bien compris Mr Billaut (qui en plus s’amusait un peu à en rajouter dans le jargon) mais les politiques étaient là et des chefs d’entreprise ont entendu un peu parler de web. Qui sait, peut-être qu’avec quelques rencontres comme ça, les personnes de bonne volonté vont réussir à apporter quelques innovations dans notre agglO …
PS: cette rencontre m’a aussi permis de voir Olivier, Fabien, Karl, Johann, Emmanuel, Bruno Jacquemin,Jean-pierre sueur, … et tout plein d’autres gens..
Outils web 2.0 : Flickrvision
Vous connaissez sans doute Flickr, le site qui permet de partager ses photos, de les classer dans des catégories et de visualiser les photos et catégories des autres. Sachez que j’utilise cet outil pour publier la petite vignette à la droite de cette page. Comment ça marche ? Je prends une photo avec mon téléphone portable, je l’envoi par mail sur une adresse particulière. Cette photo est alors disponible sous http://www.flickr.com/migteix. Comme j’ai dit à mon blog d’afficher ma dernière photo publiée dans flikr, vous avez en temps réel la photo envoyée… Simple non ?
J’ai découvert grâce au blog http://www.groupereflect.net/blog un petit outil basé sur flickr et assez rigolo : l’idée est simple, aller chercher dans flickr les dernières photos envoyés, déterminer le pays à partir duquel la photo a été publiée et l’afficher quasiment en temps réel sur une planisphère. Cet outil s’appelle flickrvision.
Bon, ça ne sert a rien, d’accord, mais c’est sympa quand même, non ? ça donne un peu l’idée qu’on fait tous partie du même monde, qu’on partage les mêmes choses, les mêmes évènements… pure vue de l’esprit, évidement mais très web 2.0
A quand une France 2.0 ?
On m’a raconté que dans la société traditionnelle des petits villages portugais des années 50, c’était parfois le curé qui décidait avec qui vous alliez vous marier. Dans les années 70, les gens allaient encore le voir pour savoir pour qui ils devaient voter. De nos jours, au Portugal comme en France, on fait ses choix autrement et ça me semble préférable. Pour les choix, grands et plus petits, on n’attend plus d’une seule personne qu’elle nous explique ce qu’on doit faire.
Il y a quelques années, quand vous achetiez un équipement technique vous alliez chez Darty ou à la FNAC et vous demandiez conseil au vendeur. A coup sûr, vous lui faisiez confiance et vous achetiez les yeux fermés. De nos jours, vous allez jeter un coup d’œil en magasin en évitant soigneusement le vendeur. Puis vous allez sur internet pour comparer les prix. Au travers de google, vous en profitez pour recueillir des avis de consommateurs dans les blogs et les forums parce que vous pensez que les consommateurs sont les mieux placés pour savoir ce qui marche et ce qui ne marche pas. Ensuite, vous retournez chez Darty et n’attachez que très peu d’importance au discours du vendeur : vous connaissez vos besoins et les produits mieux que lui. Lui, c’est un vendeur, vous, vous êtes presque devenu un spécialiste !
Un très bon article du blog orleans-valdeloire d’Olivier nous disait que pour la vente de 80% des produits, ce qui va être déterminant, ce n’est plus le marketing de masse mais bien l’avis qu’on va pouvoir se faire des produits, notamment en consultant internet. Cette réflexion sur le pouvoir d’internet dans l’elaboration de nos choix interpelle : quelle influence internet a-t-il bien pu avoir sur le choix tellement compliqué de notre élection monarcho-présidentielle ?
Le livre "le cinquième pouvoir" paru avant les élections nous donnait des pistes de réflexion. Il nous expliquant comment aux USA, internet avait permis à un challenger d’émerger avec moins de moyen que les autres, malgré le système. A sa lecture, comment ne pas penser à François Bayrou, le candidat blogueur anti-système parti de rien et arrivé à 19% ? Aux USA comme en France, le candidat n’a pas réussi à se qualifier pour la finale. On peut donc se demander si internet n’est capable que de produire des choix minoritaires.
Un autre chapitre du livre nous racontait aussi de manière claire et passionnante comment internet a incité les français à dire "non" à la constitution européenne et comment ce "non" est finalement devenu majoritaire. On peut alors se demander si internet peut aussi exprimer un "oui" ? Un "oui" non plus minoritaire mais un "oui" majoritaire ?
C’est le pari de l’équipe de campagne de Ségolène Royal : partant de la constatation que les français ont envie de se faire leur opinion par eux-mêmes, qu’ils souhaitent aussi être acteurs de leur avenir, ils ont fait le rêve fou qu’internet pouvait non seulement promouvoir un programme mais le créer ! Ce n’est plus le web de sarkozy.fr ni le blog de bayrou.fr, c’est du web 2.0 : du web collaboratif, du web générateur de sens ! C’était parier qu’en politique comme ailleurs, les bons choix émanent de la base de la société. Là où l’UMP s’est servi d’internet comme média de diffusion de la propagande du candidat (de haut en bas), l’équipe Royal a fait le pari que, comme pour notre vie de tous les jours, internet pouvait être le lieu d’élaboration de ces choix (transversalement puis de bas en haut). Evidement, il fallait que les français soient majoritairement prêts à élire une présidente qui ne soit pas omnipotente mais qui soit celle qui orchestre le travail des citoyens, souvent plus compétents que les élites quand il s’agit de trouver des solutions pragmatiques pour résoudre leurs problèmes.
Dés l’apparition de "désir d’avenir", je me suis posé cette question : la France est-elle entrée dans cette modernité-la ? D’abord sceptique, j’ai ensuite voulu y croire et une fois que j’y ai cru, j’ai voulu y croire jusqu’au bout, jusqu’à la fermeture des bureaux de votes.
Le résultat nous a montré que non, que plus de 50% des gens pensaient que, comme le curé portugais de mon exemple, un président doit tout savoir sur tout et que c’est lui qui doit expliquer ce qu’on doit faire. Ce qui me décourage, c’est évidemment la défaite mais c’est aussi ce qu’elle signifie, sociologiquement. Je regrette que la France soit encore dans cet archaïsme-là. On dit que Nicolas Sarkozy a été très majoritairement élu par des personnes de plus de 60 ans. Cela ne m’étonne pas, finalement.
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